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Pierre Decoursier s’apprête à tourner une page : après 25 années d’engagement au sein du SMIPAC en tant que délégué de 2001 à 2020, puis en tant que président, il quittera la vie politique et prendra pleinement sa retraite. Pour autant, il ne parle pas de « fin », mais de transmission, avec un fil rouge qu’il a revendiqué tout au long de ses mandats : faire du PAC un outil concret de vitalité rurale.
« Mon meilleur souvenir, c’est chaque fois qu’une nouvelle entreprise choisit de s’implanter et que le projet aboutit », résume-t-il. Son bilan se lit d’abord à travers l’emploi. À son arrivée à la présidence en 2020, le parc comptait environ 150 emplois. Aujourd’hui, il en totalise environ 260, répartis au sein de 17 entreprises.
« La progression est nette. Et surtout, elle s’inscrit dans une dynamique continue », souligne Pierre Decoursier, en se plaçant dans la continuité des actions engagées avant lui. « Cette continuité ne tient pas du hasard : elle est aussi le fruit d’un mode de gouvernance stable et partagé.
Depuis la création du SMIPAC en 1996, aujourd’hui porté par les communautés de communes creusoises et haut-viennoises de Bénévent-Grand-Bourg, Gartempe Saint-Pardoux, Haut Limousin en Marche, Pays Dunois, et Pays Sostranien, la présidence s’inscrit dans une alternance régulière entre les deux départements, garantissant un pilotage équilibré du projet à l’échelle du territoire.
Pour Pierre Decoursier, tout a commencé par une évidence : la géographie du site et la capacité des élus du territoire à s’en saisir collectivement.
« L’atout décisif, c’est l’implantation : au centre du pays, à l’intersection de l’A20 et de la RN145, ouverte à la circulation en 1995 », rappelle-t-il. Dès 1992, les élus locaux identifient ce carrefour comme une opportunité majeure de développement économique pour le territoire. Le projet est porté par Michel Burille, au sein du syndicat d’études chargé de lancer la création d’un site économique et industriel, avant qu’il ne devienne président du SMIPAC de 2008 à 2014.
« À l’époque, industrialiser un territoire rural n’était pas “dans l’air du temps”. On privilégiait les grandes zones périurbaines. Le SMIPAC a fait un autre pari : celui d’un carrefour logistique au service du territoire », résume Pierre Decoursier.
S’il fallait isoler un second facteur clé de la montée en puissance du PAC, Pierre Decoursier cite sans hésiter l’amélioration de l’accès depuis l’autoroute A20 en 2018 engagé par son prédécesseur Jean-Pierre Drieux.
« Cette bretelle a résolu un problème d’accessibilité. Elle a constitué un véritable déclencheur pour le développement du PAC », rappelle Pierre Decoursier. « Porté et piloté par le SMIPAC qui en a assuré la maîtrise d’œuvre, ce projet d’envergure était déterminant pour l’avenir du site. Sans cette mobilisation du syndicat mixte, la connexion directe entre l’autoroute A20 et le PAC n’aurait jamais vu le jour », se souvient-il.
L’investissement fut à la hauteur de l’enjeu avec un soutien de l’État à hauteur de 60 %, complété par le département de la Haute-Vienne et du département de la Creuse à 5 % chacun, les 30 % restants étant financés par le SMIPAC.
Pierre Decoursier évoque un souvenir qui dit beaucoup de la réalité d’un parc d’activités : un épisode de pluies diluviennes, en septembre 2023, au moment de l’implantation de l’entreprise Naudon Mathé Frères.
Face à l’urgence, l’équipe du SMIPAC est descendue sur le terrain. Pelles, pioches, bottes et cirés, chacun a mis la main à la pâte pour ajuster les aménagements en temps réel et empêcher que la situation ne s’aggrave. Dans les semaines qui ont suivi, le SMIPAC a engagé des travaux complémentaires, reconfigurant durablement certains dispositifs hydrauliques en moins d’un mois.
« On peut concevoir, anticiper, étudier… mais l’exploitation d’un site impose aussi de savoir s’adapter. Le terrain rappelle toujours sa part de réalité », confie-t-il.
Pierre Decoursier le répète : le PAC est une zone d’activités industrielles, pas une zone commerciale. L’ambition est de créer de l’emploi et de renforcer l’économie productive. Mais cette ambition s’accompagne d’une ligne claire sur les activités accueillies.
« Nous avons exclu les industries Seveso. Nous n’en voulons pas. Et nous écartons également les activités que nous jugerions incompatibles avec le territoire », déclare-t-il. Le comité syndical conserve un droit de regard : les porteurs de projets présentent leur activité, et le SMIPAC peut refuser si le projet « ne fait pas la maille ».
« L’objectif est de construire un parc utile, équilibré, réellement au service du territoire », explique Pierre Decoursier.
Cette dynamique est déjà bien visible sur le terrain avec l’ouverture de la 18e entreprise du PAC. Une blanchisserie industrielle est en cours de construction, pour une livraison prévue à l’été 2026, tandis que l’entreprise LMAT s’apprête à lancer son chantier dans les prochaines semaines, confirmant l’attractivité continue du parc et la concrétisation régulière des projets.
Pour lui, la solidité du SMIPAC repose avant tout sur deux piliers : la confiance et la stabilité.
« La confiance est indispensable. Sans elle, rien ne fonctionne durablement », affirme-t-il. Confiance entre les élus, confiance envers l’exécutif, confiance dans l’équipe opérationnelle qui fait tourner le syndicat au quotidien. Il insiste également sur l’importance d’un collectif soudé, d’un fonctionnement rigoureux et d’élus réellement mobilisés autour d’un projet commun.
À son successeur, il adresse un message simple, direct et résolument tourné vers l’avenir : « Il faut maintenir l’élan. Rester volontaire, constant, et surtout ne pas ralentir. Le développement économique, sur un territoire rural, se construit dans la durée. »
Car pour Pierre Decoursier, la trajectoire est claire. Et l’horizon aussi. « Le futur proche, c’est l’extension du PAC. C’est l’enjeu des prochaines années », insiste-t-il, convaincu que ce nouveau chapitre permettra l’accueil de nouvelles implantations industrielles et logistiques, la création de nouveaux emplois directs et indirects tout en développant une écologie industrielle forte entre les entreprises du PAC et celles du territoire.